mardi 16 août 2011

À fond la caisse !

Les courses alimentaires, on sera tous d’accord, plus vite elles sont faites et mieux on se porte. Et pourtant, en Allemagne, dans le petit supermarché où je fais régulièrement mes achats, je me prends souvent à aspirer à un peu de lenteur lors du passage en caisse, moment presque redouté. J’attends avec impatience l’installation de caisses automatiques
(qui n’ont rien d’automatique pour le client, d’ailleurs) pour être tranquille, c’est vous dire !

Le personnel de mon supermarché allemand, Edeka, étant très flexible (comme dans les magasins Lidl en France, sauf que mon supermarché n’a absolument rien de discount), il n’y a jamais de queue aux caisses : on est attendu d’un pied ferme.
D’abord, la caissière nous énerve en nous demandant pourquoi on laisse les oeufs ou le basilic frais sur le bord du tapis roulant au lieu de les lui donner tout de suite. Mais pour ne pas qu’ils se retrouvent dans le fond du sac, tout abîmés, pardi ! On a ensuite à peine le temps de poser nos achats que la caissière (encore elle) tend déjà la main pour qu’on lui donne le petit panier du magasin. On vient tout juste d’ouvrir nos sacs que la diablesse a déjà terminé de passer tous nos articles qui s’entassent alors sur le tapis, faisant même tomber mon saumon fumé à la renverse. De peur de l’oublier par la suite (ce qui était hors de question car j’avais prévu une Flammenküche au saumon pour le soir), je me précipite de suite pour le ramasser entre les deux caissiers (pourquoi ne m’aident-ils pas? Ils veulent se le garder pour eux, mon saumon?).
Je n’ai encore rien ramassé que l’on me demande mon mode de règlement  Et il faut croire que même les terminaux bancaires connaissent le mot "rentabilité" car la carte aussitôt insérée, ils nous demandent immédiatement notre code. Impossible de souffler, je vous dis ! Je finis enfin par rassembler mes courses (et mes esprits), un peu en panique, et je m’aperçois, comme d’habitude, qu’il n’y aucun client derrière moi…

La caissière aura beau avoir utilisé les formules de politesse d’usage, il n’en demeure pas moins que c’est un vrai robot. Je m’étais d’ailleurs risquée une fois à engager la conversation avec l’une d’elles mais sans résonance aucune, ce qui m’avait bien attristée (mon formidable accent serait-il en cause ?). Zut, c’est que ces caissières allemandes, finalement, elles font trop bien ce qu’on attend d’elles ! Sincèrement, dans ces conditions, je préfère me confronter aux caisses automatiques et avoir à faire à un vrai automate plutôt que d’avoir l’illusion d’être avec une personne.
D’ailleurs, je remarque que dans l’hypermarché allemand où je me rends à l’occasion et qui est pourvu de caisses automatiques, les caissières sont plus détendues et le contact est plus humain. Comme dans mon supermarché Casino auparavant, en France : les gens pressés allaient aux caisses automatiques tandis que les autres se dirigeaient vers les caissières, la plupart asiatiques, vraiment très gentilles et efficaces et avec lesquelles on pouvait naturellement faire un brin de causette, sans d’ailleurs que le passage en caisse s’éternise… Et si c’était ça, le bonheur de faire ses courses alimentaires (s’il existait) ?

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