mardi 29 novembre 2011

L’Allemagne à son tour touchée par la crise financière ?


Adaptation de l'article rédigé et publié par Olivier Roussel le 24 novembre 2011 sur http://www.olivierroussel.fr/
Avec l'aimable autorisation de son auteur.

C’était jusqu’à présent le modèle de la zone Euro, mais cela semble changer. Hier, l’Allemagne n’a adjugé qu’un peu plus de la moitié de la dette qu’elle espérait écouler, essuyant l’une de ses pires émissions souveraines depuis la création de l’euro faute d’avoir proposé un rendement suffisant aux yeux des investisseurs (dixit la Tribune). La Bundesbank, la banque centrale allemande, a dû acheter les 39% restants pour éviter l’échec de l’opération.

Première conséquence : les taux d’intérêt allemands sont repartis à la hausse pour atteindre 2,15%, soit quasiment leur plus haut niveau depuis septembre, réduisant ainsi l’écart de taux entre l’Allemagne et la France. Deuxième conséquence, plutôt heureuse pour les exportations
 françaises : l’euro a chuté à 1,336 dollars, soit également son plus bas niveau depuis septembre.
Quelques explications à cela : premièrement, comme le souligne Jacques Attali, l’Allemagne n’est pas le bon élève de l’Union européenne. La dette publique allemande est de 82% du PIB, pratiquement égale à la dette française. La consommation d’énergie de l'Allemagne dépend de plus en plus du gaz russe, qui représente 37% de ses importations. Enfin, l’avenir de l’industrie allemande n’est pas si prometteur que ce que l'on pourrait penser : selon une récente étude anglaise, sur les 100 entreprises les plus innovantes du monde, 11 sont françaises et seulement 4 sont allemandes.
Deuxièmement, l’Allemagne est le premier exportateur net à l’intérieur de la zone euro, avec dans le même temps une consommation intérieure atone. L'Allemagne serait donc entraînée dans la chute si la zone euro entrait en récession, ce qui semble se profiler. Plus que jamais, le destin de l’Allemagne est lié à celui de tous ses partenaires de la zone euro.
A suivre...

2 commentaires:

  1. "Plus que jamais, le destin de l’Allemagne est lié à celui de tous ses partenaires de la zone euro." Mais cela est le cas pour tous les pays de la zone Euro!
    Je suis plus enclin à dire qu'il n'y a pas de bon ou mauvais modèle dans la zone Euro. La Zone Euro est elle même un modèle économique. Comment peut-on sauver la situation si on étudie uniquement chaques facteurs (pays) indépendemment les uns des autres sans jamais les considérer leur globalité (cette "Globalité" n'est-elle pas le moteur de l'UE?)
    Je n'ai pas lu l'étude de M. Attali, mais j'éspère que dans son analyse, il a pris en compte qu'une moitié de l'Allemagne finance/rembourse/investit dans l'autre moitié du pays et que ce handicap joue sans doute dans la lourde dette du Pays et que malgrès ceci, l'Allemagne reste un des pays les plus dynamique économiquement de la zone euro.
    Pour finir tout le monde le sait et personne ne fait mine de l'ignorer queles études sont de moins en moins crédibles et servent le plus souvent à soutenir un certain lobbying (français?).
    "sur les 100 entreprises les plus innovantes du monde, 11 sont françaises et seulement 4 sont allemandes." Remarques beaucoup trop vagues!
    et si les 4 allemandes font partie du top 5 et que les 11 françaises sont noyées dans la masse...
    Bon sang, arrêtons de chercher la discorde partout, comparer l'incomparable! Utilisons notre matière grises pour sauver ce merveilleux concept (et je suis sincère) qu'est l'Union Européenne!

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  2. Je laisserai le soin à l'auteur du texte original de répondre en détail.
    Néanmoins, il me semble important de rappeler que l'Allemagne est un pays à vocation exportatrice, d'où sa forte dépendance économique par rapport à ses voisins. La consommation interne allemande reste plutôt faible, en tout cas stable. On assiste d'ailleurs à un discours politique très différent en France et en Allemagne lorsque les deux pays se trouvent dans une situation économique difficile : tandis qu'en France, on va prendre des mesures pour relancer la croissance interne, on va, en Allemagne, chercher de nouveaux débouchés et chercher à gagner en innovation. Bref, au lieu de se refermer sur soi, on cherche des solutions valorisantes et sur le long terme. Deux positions radicalement différentes.

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