jeudi 29 décembre 2011

Être expatrié et voter : un manque cruel d'informations

Aujourd'hui, je suis en colère : pourquoi ne facilite-on pas l'inscription sur les listes électorales au lieu de cultiver un manque d'information qui réduit le nombre de votants ? Voter est un devoir, nous rabâche-t-on (avec raison) mais c'est aussi un droit, et qui n'est malheureusement pas si évident à exercer. Ma modeste expérience...

D'abord, j'apprends le 25 décembre à l'occasion des fêtes de Noël
passées en France que l'on a jusqu'au 31 décembre pour s'inscrire sur les listes électorales afin de pouvoir participer aux prochaines élections (notamment les présentielles de 2012). Cette échéance est, me semble-t-il, toujours la même mais les élections n'étant pas si fréquentes (d'où ma motivation et l'importance d'y participer), on oublie. Heureusement pour moi, tardivement mais sûrement, j'ai donc lu un article de journal (Le Monde ?) informant de la date limite d'inscription qui a réveillé en moi l'urgence de la situation ; le journaliste avait d'ailleurs pris soin de souligner que certains hommes politiques critiquaient la très faible communication faite autour de l'inscription aux listes électorales.
Le 27 décembre, une fois rentrée en Allemagne, j'appelle le consulat de Stuttgart, en charge de ma région (ou plutôt de mon Land), le Bade-Wurtemberg. J'appelle. J'appelle. J'appelle. Toujours personne au bout de fil. J'envoie un email (auquel je n'ai pas reçu de réponse à ce jour). J'appelle le centre culturel de Karlsruhe qui est se transforme en bureau de vote lors des élections : fermé pour les vacances de Noël. Je fais quelques recherches rapides sur Internet sans trouver d'informations détaillées. Je consulte le site du consulat de Stuttgart : des informations sur le rôle du président, certes, un article sur le passeport biométrique daté de janvier 2010 dans la rubrique Actualités, oui, c'est vrai, mais rien sur l'inscription aux listes électorales lorsque l'on vit en Allemagne.
A force d'appeler le consulat, j'ai augmenté mes chances de tomber sur quelqu'un et le lendemain, une voix finit effectivement par décrocher pour m'indiquer qu'il faut appeler le consulat de Munich, en Bavière. J'essaie de glâner quelques informations pratiques (les documents à fournir, notamment) mais "Le consulat de Munich vous répondra". Malheureusement, celui-ci répond aux abonnés absents. J'envoie un email en parallèle.
Aujourd'hui, 29 décembre, toujours personne à Munich. Je fais des recherches plus approfondies sur Internet et trouve un formulaire qui semble convenir. Quelques minutes seulement après ma trouvaille, je reçois une réponse détaillée à mon email avec un formulaire (différent de celui que j'avais trouvé). Je suis contente d'avoir enfin des informations précises même si l'on me dit que comme je m'y prends tard (je sais !)et que le consulat a une charge de travail importante du fait des dossiers à traiter, il est possible que ma demande (et celles de combien d'autres, en Allemagne, en France ou ailleurs ?) ne soit pas traitée à temps. On m'indique que si je ne peux pas me déplacer au consulat (effectivement, cela m'est un peu difficile : je travaille et cela signifie 500 km aller-retour...), il me faut envoyer les documents au plus vite. Je fonce donc chez moi en fin d'après-midi, rassemble les documents demandés et retourne en centre-ville pour envoyer mon courrier avec la dernière levée. Arrivera-t-il et sera-t-il traité à temps ?


2 commentaires:

  1. En résumé, ce qui me met en colère dans cette histoire, c'est bien sûr le fait que je n'ai pas planifié cette démarche (dont j'avis purement oublié l'existence) mais aussi :
    - l'incapacité de la part des consulats à
    anticiper la charge de travail (personne au téléphone, risque que les dossiers ne soient pas traités même s'ils sont arrivés au consulat)
    - leur incapacité également à informer simplement, notamment via leur site web. Pourquoi le consulat de Munich indique-t-il sur son site d'envoyer un email au lieu de proposer directement le téléchargement du formulaire et de lister les douments nécessaires ?
    - l'importance accordée non à la date d'envoi des documents ("cachet de la poste faisant foi") mais à la date d'enregistrement des documents au consulat (j'ai récemment appris qu'il en est de même en Espagne : c'est la date de réception et de traitement qui compte)

    Il me semble qu'à une époque où il est très fréquent de changer de domicile, pour s'expatrier ou non, cette inscription sur les listes électorales devrait être facilitée, notamment avec une communication ciblée et aussi un peu de bon sens.

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  2. Je viens finalement de recevoir une réponse du consulat m'indiquant que j'étais bien inscrite. Ouf ! C'était moins une ! J'espère que nous serons les plus nombreux possible à voir une issue favorable à nos démarches administratives !

    Je remarque par ailleurs que les Français ont très souvent l'habitude d'émettre des réserves sur ce qui peut être fait lorsque la situation est un peu épineuse ("Il y a un risque que...", "Il n'est pas certain que...", entend-on) alors que le nécessaire est finalement effectué comme il se doit, dans la très grande majorité des cas. Autre importante différence avec les Allemands, sur laquelle il faudra revenir...

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