dimanche 15 janvier 2012

Allemagne, immigration et intégration : les chiffres

Ces derniers mois, l'Allemagne vue de l'étranger, c'est une terre fertile d'emplois que la crise durable ne semble pas parvenir à éroder, ou alors très peu en comparaison avec ses voisins européens. Grecs, Italiens, Espagnols - entre autres - n'ont pas été insensibles à ce tableau économique attractif et ont émigré vers l'Allemagne : l'émigration a ainsi augmenté de 19% (soit 68 000 personnes de plus) entre le premier semestre 2010 et le premier semestre 2011, soit un chiffre total de 435 000 immigrants recensés au premier semestre 2011 en Allemagne. C'est l'un des chiffres les plus significatifs du rapport publié par l'institut national de la statistique allemand (Destatis) fin décembre 2011 dans son rapport sur l'immigration en Allemagne.

Retour sur les chiffres
330 000 personnes sur les 435 000 ayant émigré vers l'Allemagne au premier semestre 2011 sont
 originaires de l'Europe, soit une hausse de 29% pour ce continent. L'Asie est le continent d'où sont originaires la majorité des émigrants non-européens s'installant en Allemagne (54 000 personnes).
Parmi les émigrés européens, c'est chez les Grecs qu'il faut chercher la plus forte hausse d'émigration vers l'Allemagne entre le premier semestre 2010 et le premier semestre 2011 : + 89 % , soit 4 100 personnes de plus. Suivent les Espagnols avec une hausse de 49 % qui représente 2 400 personnes de plus, les Italiens (+ 22,5 %) et les Portugais (+ 21%).
A cette émigration en provenance de l'Europe du sud, s'ajoutent les  ressortissants des pays ayant rejoint l'Union européenne en 2004, comme la Pologne, la Hongrie ou la Slovaquie ; pour ces pays, l'émigration vers l'Allemagne a augmenté de 30% entre le premier semestre 2010 et le premier semestre 2011. 82 000 Polonais ont ainsi rejoint l'Allemagne.
Parmi les nouveaux résidants allemands au premier semestre 2011, on note également 14 000 personnes originaires de Turquie.

Emigration et intégration
Avec un taux de chômage de 6,5 %, l'un des plus bas d'Europe, l'Allemagne a de quoi séduire les habitants des pays européens durablement et profondément touchés par la crise. Les chances de trouver un emploi en Allemagne sont particulièrement accrues si l'on est ingénieur ou un personnel de santé, deux professions où il existe une pénurie de candidats. C'est d'ailleurs aussi pour cette raison que 19 % des Allemands pensent que le manque d'emploi est un obstacle à l'intégration des émigrés, contre 31 % des Français. C'est en tout cas ce que révèle le sondage réalisé en novembre 2011 en France et en Allemagne par la fondation Genshagen* et l'insitut Montaigne**.
Ce même sondage met en lumière une autre différence entre Allemands et Français dans leur perception de l'intégration des émigrés, lorsqu'on leur demande de choisir les propositions "qui seraient les plus efficaces pour favoriser l’intégration des personnes immigrées". 60 % des Allemands jugent en effet l'apprentissage obligatoire de l'allemand comme un moyen d'aider à l'intégration de personnes venant de cultures différentes. Il est d'ailleurs fréquent en Allemagne que les entreprises recrutant des immigrés leur proposent des cours d'allemand ; l'institut Goethe a ainsi vu le nombre des personnes apprenant l'allemand sensiblement augmenté. A la même question, 44 % des Français choisissent une connaissance obligatoire des lois et traditions françaises.
Autre pays, autre histoire, autres moeurs...

* La fondation Genshagen vise à développer la coopération franco-allemande en Europe.
** L'institut Montaigne est un laboratoire d'idées créé en 2000. Ses travaux s'adressent aux pouvoirs publics.

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