samedi 28 janvier 2012

Mais qui est donc Ampelmann ?

Article proposé et rédigé par Tonitola. Publié à l'origine sur le blog http://prenonsposition.blogspot.com le 15 mars 2011.

Ampelmann à Berlin, décliné sur un transat
Comme l’auteur de ce blog, je vis en Allemagne et je souhaite partager avec vous mes craintes les plus vives lors de mes escapades urbaines, craintes qui peuvent être résumées en un mot : Ampelmann. Mais qui est donc Ampelmann ?
Singulier du mot « Ampelmännchen » qui veut dire « petits bonshommes du feu de signalisation », Ampelmann fut créé par Karl Peglau en 1961 afin d’équiper lesdits feux de signalisation pour piétons d’Allemagne de l’est. Il était prévu qu’ils soient tous retirés en 2004 mais c’était sans compter sur les mouvements de protestation qui défendirent l’une des dernières traces visibles de la DDR, vestige ma foi bien plus sympathique que nos bonhommes-bâton, goût menthe ou fraise (qui a dit que l’Allemagne de l’est était triste ?). D’ailleurs, ces protestations ont donné naissance la même année à Ampelmädchen qui, comme vous vous doutez, est la copine
d’Ampelmann. Et oui, en Allemagne, même les bonhommes de feu pour piéton ont une histoire, parce que les feux pour piétons, c’est toute une Histoire !
Ici, on ne plaisante pas avec le monsieur du passage clouté. Malheur à vous si vous traversez alors que la couleur vous l’interdit : au mieux, tout le monde vous regarde avec des yeux ébahis comme si vous étiez un barbare, au pire vous gagnez l’obligation de payer une Straffe (« amende ») de 50 €.
Que faire alors lorsque l’on se retrouve coincé face à Ampelmann, nous guettant de son rouge ardent, alors qu’il n’y a aucun danger sur 100 mètres ni gauche ni à droite et que notre train quitte la gare dans 5 minutes ?! On traverse en pensant tout haut « Allez hop ! A la française ! ». Bien sûr.
Mais voilà, on se retrouve ainsi parfois, emporté par notre élan rebelle, à saboter complètement par notre contre-exemple la leçon éducative que fait une maman à son enfant : « Fais bien attention aux Ampelmännchen ; c’est eux qui te disent si tu peux traverser ou non ». Et dans ce contexte, nous passons effectivement pour un être sans foi ni loi (mais qui a un train à prendre !).
Contrairement à la France où les piétons sont assez brouillons, en Allemagne, la discipline se ressent jusqu'à cet anodin moment de notre quotidien. Ce n’est pas un bien, ce n’est pas un mal, c’est comme cela. Alors si un jour vous vous trouvez confrontés à la même situation, faites ce que bon vous semble mais pensez : Vorbild sei! (« Soyez exemplaire »), comme nous le rappellent parfois ici certains panneaux accolés à nos tendres Ampelmännchen...

1 commentaire:

  1. Si vous passez un week-end à Berlin, vous verrez des Ampelmann partout : sur les feux de signalisation, bien sûr, mais aussi sur de nombreux objets de la vie quotidienne. Et oui, Ampelmann, emblématique de l'Allemagne de l'est, profite désormais à sa façon du libéralisme.

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