jeudi 19 avril 2012

6 candidats à la présidentielle : 6 façons de s'adresser aux expatriés (2/2) LES SUJETS

Cet article fait suite à un premier billet consacré au vocabulaire utilisé par les candidats à la présidentielle pour s'adresser aux expatriés, à une différence près : jusqu'à aujourd'hui, ce sont 6 candidats qui se sont adressés aux expatriés, et non plus 3.
Je vous propose ici de revenir sur le choix des thèmes abordés par les candidats (par ordre d'arrivée dans ma boîte mail) : que soulignent les candidats à la présidentielle 2012 ? Quels sont les thèmes qui, d'après eux, préoccupent les expatriés français ? Quelle vision de l'expatriation cela traduit-il ? Je vous laisse vous faire votre propre avis avec les informations suivantes.

Article 2 : Quels thèmes les candidats abordent-ils pour s'adresser aux expatriés ? (LES SUJETS)

Dans le premier message du président-candidat, Nicolas Sarkozy, on revient d'abord sur la proposition de créer un impôt sur l’exil fiscal en opérant "une distinction très nette entre « exilé fiscal » et « expatrié »". Ouf, on est sauvé ! Pour une fois qu'on ne mélange pas les torchons et les serviettes !
Par la suite, on met en relief des valeurs morales en revenant sur les événements de Toulouse : c'est le président qui parle ici, et non plus le candidat. D'ailleurs, l'expéditeur n'est plus "L'équipe de Nicolas Sarkozy" mais "Nicolas Sarkozy". Le message est hors campagne, non dirigé spécifiquement vers les expatriés. Abus de pouvoir.
Un autre mail insiste sur l'amour de son pays. C'est bien joli mais cela fait-il avancer le débat ?...
Puis, grosse surprise : un email plus conséquent liste une cinquantaine de propositions extrêmenent concrètes dirigées vers les Français de l'étranger mais concernant aussi la relation de la France avec d'autres pays. Les principaux thèmes sont : l'éducation, la représentation et la citoyenneté, les formalités administratives, la fiscalité, la sécurité et l'Europe.

Pour François Hollande, les premières priorités sont de "redonner confiance en notre pays, en France comme à l’international" et "restaurer un avenir pour notre jeunesse, une économie forte et un système social juste". Dans ses messages suivants, il évoque l'éducation et la qualité du service consulaire. Le dernier email reçu indique la marche à suivre pour voter à l'étranger, ce qui n'est jamais inutile.

Chez Bayrou, trois thèmes principaux sont identifiés : la scolarisation des enfants d'expatriés, la reconnaissance de leur nationalité et le plein accès à la solidarité nationale en cas de besoin. On n'en saura pas plus.

Du côté du Front national, c'est la guerre (contre qui ?) : on évoque Juin 1940 dès les premières lignes... D'emblée, on nous dit qu'étant expatriés, nous ne sommes "pas toujours concernés par les enjeux de l'élection présidentielle". Ca commence bien ! On nous parle ensuite d'une France affaiblie, d'une industrie et d'emplois en deuil, sans parler de l'état de l'agriculture. On revient enfin sur la volonté de la candidate du parti de "réformer en profondeur les conditions dans lesquelles est accordée la nationalité française".

Eva Joly souhaite, quant à elle, améliorer l’accès à l’enseignement français à l’étranger, valoriser la plurinationalité, faciliter la protection sociale des expatriés, maintenir le principe de non double imposition (important, en effet) et consolider notre réseau consulaire et culturel.

Dernier message arrivé : celui du Front de gauche, qui revient brièvement sur la fiscalité, les droits sociaux des expatriés, l'éducation et la francophonie.

Deux choses me surprennent : on accorde une place importance à l'éducation (à première vue, il ne me semblait pas qu'il s'agissait d'un domaine "problématique" pour les expatriés) et le mot "retraite" n'est (sauf erreur de ma part) jamais utilisé, ce dernier thème me semblant pourtant sensible.

>> Retour vers article 1 : 3 candidats à la présidentielle : 3 façons de s'adresser aux expatriés (1/2) LE VOCABULAIRE

1 commentaire:

  1. Ca fait 2 mois que je suis rentré en France, après une expérience de 3 ans en Allemagne.
    Je suis toujours sensible au sujet traitants des expatriés et je dois vous avouer que les médias et plus encore les politiciens, en parlent très peu. Trop peu. Comme à l'habitude, le gouvernement stigmatise une certaine population. Chez les expatriés, ce sont les évadés fiscaux.
    Depuis la crise, il existe en France une idée que TOUS les expatriés sont des évadés fiscaux. Ce qui est bien entendu FAUX! Alors, qui dit évadés fiscaux, dit un certain type de ménage (CSP+, en couple, avec enfants et un bon Revenu etc..). Alors pour les convaincre de revenir, on joue sur les sentiments en parlant d'éducation, thème absolument absent des débats en France (même l'auteur vivant à l'étranger l'a remarquée, c'est pour dire!)
    Bref, c'est pas aujourd'hui que la France rayonnera à nouveau dans le monde, qu'elle incitera les uns à rester, les autres à (re)venir car nous avons encore beaucoup de choses a régler avec notre passé et nos responsabilités!
    Nous ne jouons plus le jeu de l'ouverture aux autres et c'est bien triste.

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