mardi 31 juillet 2012

De retour chez moi, en Allemagne...

C'est aussi simple que cela : on quitte l'Allemagne où l'on vit et où l'on travaille pour trois jours, le temps d'un (formidable) week-end en Europe centrale, et on se surprend à se sentir tout à coup plus germanique que quand on était partie. Ou en tout cas, plus intimement liée à l'Allemagne.

Cela avait déjà commencé sur place : au lieu de goûter à la vodka polonaise, j'avais préféré la bière, liquide
on ne peut plus allemand et que je valorisais déjà ici l'été dernier*. Ensuite, avant de lister, comme n'importe quel Français de base et que je suis aussi, les entreprises françaises très visiblement implantées à Varsovie (et il y en a ! Polonais, où êtes-vous ? Réveillez-vous !), j'avais observé avec satisfaction les logos des entreprises allemandes, sans avoir pourtant pu trouver les bureaux polonais de ma propre entreprise (!?). Enfin, une fois revenue en Allemagne, j'avais tout simplement le sourire aux lèvres toute la journée, et pas du tout parce que les Polonais auraient été détestables. Non, tout simplement, j'étais contente de rentrer "chez moi".

Eh oui, après deux ans en Allemagne, je me sens chez moi ici, chez nos voisins d'outre-Rhin. Bien sûr, il y a son lieu de vie qu'on est naturellement content de retrouver, comme ses connaissances ou amis. Mais hier et aujourd'hui, il y avait quelque chose plus. Une certaine re-connaissance.
De certains archétypes. Le blondinet de 10 ans qui s'exprime dans le plus grand des sérieux et avec un petit air supérieur dans la navette de l'aéroport. L'employé du garage Alfa Romeo qui parle un dialecte et me serre la main. La femme en leggings devant laquelle je passe tous les jours à la gare, que je croise aujourd'hui par hasard à côté du bureau et qui me salue, faisant naturellement surgir sur mon visage un très large sourire. Mon voisin qui rentre dans l'immeuble encombré de son vélo à 2 000 € (au moins !).
De certaines attitudes aussi. Tourner sa langue sept fois (avant Varsovie, j'en étais à dix fois) dans sa bouche avant de parler allemand (comme les Allemands, quoi !). Sentir monter la terrible envie, en écoutant la musique super cool de la radio Regenbogen (savant mélange entre les années 80 et les bons hits du moment), de taquiner l'Alfa pour monter en puissance (cela expliquerait-il mon passage chez le garagiste ?) en sachant que c'est possible et légal, à partir du moment où on respecte les règles de circulation. Rire des blagues arrogantes des Allemands sur les difficultés financières espagnoles au bureau (non, décidément je ne sais pas ce qui m'a pris : j'ai naturellement ri et ai ainsi fait voler en éclats toute mon éducation qui veut qu'on reste bienveillant, coûte que coûte, sauf avec les idiots. Je suis en train de recoller les morceaux. Ca devrait être fini ce soir, ouf !).

Oui, c'était un mélange de tout ça, ce retour en Allemagne...
Mais ne vous inquiétez pas, je ne vais pas devenir allemande du jour au lendeman : à peine arrivée à l'aéroport, j'ai acheté "Le Monde" (quel plaisir succulent que le subtil maniement de la langue française !) et c'est bien le chant du coq qui m'a accueillie lorsque j'ai posé le pied à terre en sortant du train qui me ramenait "chez moi", en Allemagne !

Bière (allemande) toujours !
* Relisez l'article "J'avais oublié, l'Allemagne" pour une autre apparition de la bière allemande en photo. Décidément, certaines valeurs ne se perdent pas dans le temps !

2 commentaires:

  1. L'ALLEMAGNE a certainement beaucoup d'atouts par rapport à la FRANCE dans beaucoup de domaines.Dans le pays de RABELAIS il ne nous est plus permis de s'afficher avec un verre d'alcool à la main et il est fortement conseillé de le boire avec modération.

    Jack

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  2. Vous soulignez un point très juste, Jack : les Allemands sont décomplexés par rapport à "l'affichage" de l'alcool, et notamment de la bière. Les publicités mettant en valeur la bière - essentiellement - sont nombreuses en Allemagne. De même, il est très fréquent de voir des Allemands (jeunes et moins jeunes) avec des bières à la main en ville ou dans les transports en commun. Néanmoins, comme en France, on mène aussi en Allemagne des campagnes de sensibilisation aux dangers de l'alcool, comme en ce moment, la campagne d'affichage sur les tramways de Karlsruhe.

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