mardi 28 mai 2013

Un plan franco-allemand pour favoriser l'emploi des jeunes ?

Après avoir sollicité pendant plusieurs mois dirigeants industriels et partenaires sociaux européens autour des questions de l'emploi et de la croissance, le couple franco-allemand a prévu de se rencontrer cette semaine pour faire le point sur la question du chômage des jeunes, notamment. C'est en effet un sujet qui préoccupe particulièrement l'Allemagne et sur lequel Angela Merkel pense avoir quelques conseils à donner à ses voisins européens. Il faut dire qu'en Allemagne, le chômage concerne 8,1 % des jeunes de moins 25 ans contre 24,3 % en France, 21% en Italie ou 53,2% en Espagne (source : Eurostat). La moyenne de l'Union européenne, elle, est située à 22,8%.

Comment réduire concrètement le chômage des jeunes européens ? Pour l'Allemagne, il existerait trois
leviers-clef : d'abord, généraliser l'apprentissage des jeunes en entreprise et ce, à l'étranger (en Allemagne, peut-être, où ce modèle est bien rôdé ?) ; ensuite, permettre aux PME et PMI d'accéder à des taux de crédit plus favorables car ce sont elles les vecteurs d'emploi de demain, d'après les Allemands (il faut dire que les entreprises familiales sont extrêmement nombreuses et puissantes en Allemagne) ; et enfin, aider les jeunes à créer leur propre entreprise (favoriser la création d'entreprise reste un leitmotiv et une réalité en Allemagne).

Si le président français, François Hollande, est "d'accord avec la chancelière Angela Merkel pour parvenir à un véritable plan pour l'emploi des jeunes dès cette année", il n'en oublie pas qu'il faut mobiliser l'Europe toute entière et non limiter l'action sur l'emploi des jeunes à un accord franco-allemand. En plus d'avoir réuni aujourd'hui les ministres français et allemands du travail (Michel Sapin et Ursula von der Leyen), il a donc aussi reçu (pour se donner bonne conscience ?) le ministre italien du travail, Enrico Giovannini. Ursula von der Leyen l'avait précédé de quelques jours dans l'européanisation de cette "offensive pour l'emploi des jeunes" et de façon beaucoup plus franche puisqu'elle a rencontré de son côté la ministre espagnole de l'emploi, Fatima Banez. Et la visite n'était pas seulement de courtoisie car la ministre allemande du travail, au pragmatisme tout germanique, a négocié et fait validé une coopération visant à "permettre l'accès à un emploi à près de 5 000 jeunes par an au travers de la formation professionnelle en alternance allemande ou de l'accès à un poste de travail qualifié en Allemagne". L'accord n'a pas été sans susciter de remous en Espagne, où les politiques ont été accusés d'inciter les jeunes chômeurs au départ  plutôt que de chercher à résoudre durablement le problème de l'emploi des jeunes.

Prochaine étape avant de nombreuses réunions entre amis : la visite de travail de la chancelière allemande, Angela Merkel, ce jeudi à Paris. Angela profitera-t-elle de la faiblesse de ses voisins européens pour favoriser l'Allemagne en suivant la voie ouverte par Ursula ou réussira-t-elle à prendre de la hauteur et à oeuvrer pour un vrai projet européen ? Là est aussi la question.

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